En philosophie, la « vraie vie » désigne une vie authentique, libérée des illusions, de l’aliénation sociale et de la simple recherche du profit, comme l’ont exploré Platon, Socrate et plus récemment des penseurs comme Alain Badiou ou François Jullien. Elle oppose le quotidien d’une existence machinale à un état de conscience éveillé et droit.
Cela semble utopique ou irréaliste, n’est-ce pas ? Et pourtant, du plus loin que nous remontons dans les savoirs reconnus de l’humanité, il me semble qu’il n’est question que de cela : qu’est-ce que vivre ? Qu’est-ce qu’exister ?
« Vivre est la chose la plus rare du monde. La plupart des gens se contentent d’exister. » – Oscar Wilde.
Quelle serait la différence entre vivre et exister ?
Exister est un état biologique ou mécanique : c’est occuper l’espace, respirer, laisser passer le temps par habitude.
Vivre est un choix, un art : c’est ressentir intensément, faire des choix conscients.
Un de nos plus grands hommes littéraires nous dit ceci :
« Le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre. » – Victor Hugo
Une confusion se serait donc installée au cœur de l’humanité depuis des lustres ? Qu’en est-il de notre humanité actuelle ? Nous vivons sollicités de toutes parts : par le rythme qui s’accélère, par le regard des autres, par la comparaison permanente, par la peur de ne pas être à la hauteur de ce qui semble attendu de nous, par une exigence de résultat performant. Une humanité qui se sent de moins en moins en confiance, qui ne sait plus toujours où donner de la tête, qui laisse parfois d’autres voix que la sienne décider de ce qui est juste pour elle.
Quand déciderons-nous de reprendre notre souveraineté, autrement dit notre « puissance personnel » ? Souveraineté est un mot un peu à la mode, on l’entend partout, et il dit peut-être moins qu’il ne semble dire. Mais derrière l’expression, il y a une réalité simple : quelque chose en nous a parfois cédé la place à ce que les habitudes, l’entourage, les injonctions du quotidien ont fait de nous. Nous avons perdu beaucoup de notre « puissance personnel ».
Ah ! mais si, j’ai perdu quelque chose : c’est que ce quelque chose m’a appartenu. Comment vais-je m’y prendre pour le recouvrer ? Y a-t-il un chemin, une voie, pour retrouver ce puissance personnel qui permet de vivre sa vraie vie, sereine au milieu de ses semblables ?
« Nous fonctionnons lorsque nous coïncidons entièrement avec ce que nos habitudes, notre vécu et nos représentations ont fait de nous.
Vivre commence sans doute lorsque devient possible la prise de recul » – Odile Girardot
La question posée ici trouve son prolongement dans l’article suivant.
